{"id":20431,"date":"2026-02-13T08:00:00","date_gmt":"2026-02-13T07:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/presserat.ch\/?p=20431"},"modified":"2026-02-11T17:12:57","modified_gmt":"2026-02-11T16:12:57","slug":"newsletter_20","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/presserat.ch\/fr\/newsletter_20\/","title":{"rendered":"Newsletter #20"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Une erreur fr\u00e9quente: les personnes concern\u00e9es ne sont pas entendues \u00e0 propos des reproches graves dont elles font l\u2019objet<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9dito de Jan Gr\u00fcebler, vice-pr\u00e9sident du Conseil suisse de la presse<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est une r\u00e8gle de base du journalisme: la personne ou institution concern\u00e9e doit \u00eatre entendue en cas de reproches graves. Les juristes et les latinistes r\u00e9sument cette r\u00e8gle par la locution&nbsp;<em>audiatur et altera pars<\/em>. Pour les journalistes aussi, il doit s\u2019agir d\u2019une \u00e9vidence. Pourtant, il arrive r\u00e9guli\u00e8rement que cette r\u00e8gle ne soit pas suivie et que le Conseil suisse de la presse publie des prises de position li\u00e9es au droit d\u2019\u00eatre entendu.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Deux exemples: la \u00abS\u00fcdostschweiz\u00bb a \u00e9mis des reproches graves \u00e0 l\u2019encontre de la directrice sortante de l\u2019office grison de la culture \u00e0 propos de cas de mobbing et de griefs de certains de ses employ\u00e9s \u00e0 son encontre. La personne vis\u00e9e par les reproches, dont certains datant de plusieurs ann\u00e9es, n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 entendue \u00e0 leur sujet. La \u00abS\u00fcdostschweiz\u00bb s\u2019est d\u00e9fendue en avan\u00e7ant que la directrice avait d\u00e9j\u00e0 refus\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises de prendre position par le pass\u00e9 et qu\u2019elle se serait assur\u00e9ment cette fois-ci \u00e9galement abstenue de tout commentaire. Rien ne permet cependant de le savoir: la personne vis\u00e9e aurait d\u00fb avoir la chance de d\u00e9cider elle-m\u00eame si elle souhaitait r\u00e9agir aux reproches qui lui \u00e9taient adress\u00e9s.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abRepublik\u00bb, de son c\u00f4t\u00e9, a publi\u00e9 un article sur une association connue pour ses contributions hostiles aux personnes trans. Il s\u2019agit sans aucun doute d\u2019un reproche grave, mais l\u2019association n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 entendue sur la question. \u00abRepublik\u00bb a avanc\u00e9 avoir pu prouver le contenu des reproches et a r\u00e9fut\u00e9 la n\u00e9cessit\u00e9 de proc\u00e9der \u00e0 une audition. Pourtant, le droit d\u2019\u00eatre entendu s\u2019applique m\u00eame si les reproches graves reposent sur des faits. Il fait partie de la bo\u00eete \u00e0 outils des journalistes et repr\u00e9sente pour eux une garantie, car le principe&nbsp;<em>audiatur et altera pars&nbsp;<\/em>constitue \u00e9galement une r\u00e8gle de droit. Le fait de proc\u00e9der \u00e0 une audition et de restituer bri\u00e8vement les arguments principaux de la personne concern\u00e9e peut s\u2019av\u00e9rer une protection contre des proc\u00e8s co\u00fbteux. Il permet d\u2019\u00e9viter des erreurs de fond, d\u2019\u00e9liminer les malentendus et de remettre en question l\u2019opinion que l\u2019on s\u2019est forg\u00e9e.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il en va de l\u2019\u00e9quit\u00e9 et de la biens\u00e9ance, sans compter que laisser la personne vis\u00e9e se d\u00e9fendre contribue \u00e0 la cr\u00e9dibilit\u00e9 du journalisme. Le lecteur veut savoir ce que dit la personne vis\u00e9e par les accusations de mobbing et comment l\u2019association per\u00e7oit ses contributions hostiles aux personnes trans. Si elles ne souhaitent pas s\u2019exprimer, l\u2019article doit en faire \u00e9tat, conform\u00e9ment \u00e0 la&nbsp;<a href=\"https:\/\/presserat.ch\/fr\/journalistenkodex\/richtlinien\/\">directive 3.8<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/presserat.ch\/fr\/complaints\/01_2026\/\">Prise de position 1\/2026<\/a><br><a href=\"https:\/\/presserat.ch\/fr\/complaints\/02_2026\/\">Prise de position 2\/2026<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une erreur fr\u00e9quente: les personnes concern\u00e9es ne sont pas entendues \u00e0 propos des reproches graves dont elles font l\u2019objet \u00c9dito de Jan Gr\u00fcebler, vice-pr\u00e9sident du Conseil suisse de la presse C\u2019est une r\u00e8gle de base du journalisme: la personne ou institution concern\u00e9e doit \u00eatre entendue en cas de reproches graves. 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