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Jahrespressekonferenz vom 13. Juni 2008 / Conférence de presse du 13 juin 2008

Interlaken, 13. Juni 2008

Medienberichterstattung über pädophile Priester: Recht auf Vergessen gilt nicht absolut

Jahrespressekonferenz des Schweizer Presserates

Die Art und Weise wie eine Institution wie die Katholische Kirche mit pädophilen Priestern umgeht, ist von öffentlichem Interesse. Die Medienberichterstattung über solche Fälle ist deshalb grundsätzlich legitim. Strafrechtlich verurteilte Personen haben einen Anspruch darauf, nach einer gewissen Zeit von den Medien in Ruhe gelassen zu werden. Dies ist auch nach der Einstellung eines Strafverfahrens zu beachten. Das Recht auf Vergessen gilt aber nicht absolut. Medien dürfen ausnahmsweise auch über frühere Strafverfahren berichten, falls dies durch ein überwiegendes öffentliches Interesse ge-rechtfertigt ist und sofern sie dies in verhältnismässiger Weise tun. Zulässig ist die Be-richterstattung insbesondere dann, wenn ein Zusammenhang zwischen einem früheren Verhalten und der aktuellen Tätigkeit einer Person besteht. Zu diesen Schlüssen ist der Presserat in einer an seiner Jahrespressekonferenz vom Freitag veröffentlichten Stel-lungnahme gelangt.

Anfangs Februar 2008 löste der Selbstmord eines im Kanton Neuenburg tätigen Priesters eine öffentliche Diskussion über die Rolle der Medien aus. Von Angehörigen des Verstorbenen und in der Öffentlichkeit wurde der Vorwurf einer Hetzjagd der Medien und einer Kampagne gegen die katholische Kirche erhoben. Dies veranlasste den Presserat, sich von sich aus mit der Berichterstattung über pädophile Priester auseinanderzusetzen und dabei insbesondere die Tragweite des Rechts auf Vergessen für die Medienberichterstattung näher zu beleuchten.

In einer am Freitag anlässlich seiner Jahrespressekonferenz veröffentlichten Stellungnahme betont der Presserat, gerade bei der Katholischen Kirche, die sich eine besondere moralische, soziale und pädagogische Autorität zuschreibe, bestehe ein Interesse an der öffentlichen Diskussion darüber, wie diese Institution mit dem Verdacht auf pädophile Handlungen von Priestern umgehe. Heikler sei dagegen die kurzfristige Flut von Medienberichten zu einem einzigen Thema wie sie Anfang 2008 in der Westschweiz zu verzeichnen war. Derartige Medien-phänomene gehörten aber zwangsläufig zur Medienfreiheit, deren zentrale Bedeutung für die demokratische Gesellschaft unbestritten sei.

Nach Auffassung des Presserates war es zudem nicht gerechtfertigt, von den Medien wegen möglicher gravierender Folgen einen Verzicht auf die Berichterstattung über Verdachtsfälle von pädophilen Priestern zu verlangen. Eine Ethik des Unterlassens sei dann am Platz, wenn Medien Gefahr laufen, aus reiner Geschäftssucht im Schmutz zu wühlen und aus reiner Lust- und Neugierdebefriedigung durch Schlüssellöcher zu blicken. Zwar hätten auch strafrechtlich Verurteilte ebenso wie Personen, deren Verfahren eingestellt wurde, Anspruch darauf, nach einer gewissen Zeit von den Medien in Ruhe gelassen zu werden. Dieses Recht auf Vergessen gelte aber nicht absolut. Im Falle des Neuenburger Priesters habe ein Zusammenhang zwi-schen dem früheren Strafverfahren und der aktuellen priesterlichen Tätigkeit des Betroffenen in einer Kirchgemeinde bestanden. Die Medien hätten zudem insoweit verhältnismässig berichtet, als der Priester über sein engeres Umfeld hinaus aufgrund der Medienberichterstattung nicht identifizierbar gewesen sei.

Deutlich zu weit sei dagegen ein Westschweizer in seinem privaten Blog gegangen, der darin zu einer eigentlichen Treibjagd gegen den verdächtigten Priester aufrief. Dieser Blogger sei jedoch nicht Journalist, weshalb er der Spruchpraxis des Presserates nicht unterstellt sei. Es sei aber grundsätzlich legitim gewesen, dass die Medien über diesen Blog als soziales Phä-nomen berichteten. Hingegen sollten Journalistinnen und Journalisten darauf achten, sich nicht auf das Spiel eines solchen Blogs einzulassen und derartige, menschenverachtende Hetzjagden zu unterstützen.

Weitere Auskunft:

Dominique von Burg, Präsident Tel. 079 / 609 27 08 Martin Künzi, Sekretär Tel. 033 / 823 12 62

Interlaken, le 13 juin 2008

Traitement des affaires de prêtres pédophiles:

Le droit à l'oubli n'est pas absolu

La manière dont une institution comme l'Eglise catholique gère, ou a géré par le passé, les cas de prêtres pédophiles est d'intérêt public, ce qui légitime l'intérêt des médias pour ces affaires. Les personnes condamnées pour un délit ont un droit à l'oubli, la même règle s'appliquant dans le cas d'un non-lieu. Ce droit n'est toutefois pas absolu. Les médias sont légitimés à ne pas le respecter pour autant qu'un intérêt public prépondérant l'exige, et qu'ils respectent le principe de la proportionnalité. Ce peut être en particulier le cas quand il y a une relation entre une affaire passée et l'activité sociale ou professionnelle présente de la personne. Le Conseil suisse de la presse est arrivé à ces conclusions dans une prise de position publiée vendredi lors de sa conférence de presse annuelle.

Au début février 2008, le suicide d'un prêtre en activité dans le Canton de Neuchâtel a suscité une discussion publique sur le rôle de médias. Pour la famille du défunt et d'autres voix critiques, les médias ont crée une atmosphère de chasse au sorcières et ils ont mené une campagne à l'encontre de l'Eglise catholique. Dans ce contexte, le Conseil de la presse (CSP) a décidé de s'autosaisir du traitement médiatique des affaires de prêtres pédophiles et d'éclairer en particulier la notion du «droit à l'oubli».

Dans une prise de position publiée vendredi lors de sa conférence de presse annuelle, le Conseil de la presse souligne que «la manière dont une institution comme l'Eglise catholique gère, ou a géré par le passé, les cas des prêtres pédophiles est d'intérêt public». Ce serait particulièrement vrai dans le cas d'une institution qui se réclame d'un rôle moral, social et éducatif. Plus délicat est le problème de l'«emballement» qui fut incontestable dans les médias romands au début 2008. Mais le Conseil de la presse tient à rappeler que de tels phénomènes sont le corollaire de la liberté de la presse, dont l'importance centrale pour la société démocratique n'est pas contesté.

Selon l'avis du Conseil de la presse il n'était pas justifié d'attendre des médias qu'ils renoncent à rendre compte des cas de prêtres suspects d'actes pédophiles en raison des conséquences graves possibles que leur travail pourrait entrainer. «Une telle ‹éthique du renoncement› se justifie quand les médias courent le danger de remuer la boue par pure recherche du profit et par pure satisfaction du plaisir de la curiosité à regarder par les trous de serrures.» Après une condamnation - ou un non-lieu - les personnes concernées ont le droit, après un certain laps de temps, d'être «laissées en paix» par les médias. Ce droit à l'oubli n'est toutefois pas absolu. Dans le cas de prêtre qui s'est donné la mort à Neuchâtel, il y avait une relation entre la procédure judiciaire antérieure et l'activité professionnelle actuelle au sein d'une paroisse. Et les médias auraient rendu compte de manière proportionnée, car «le prêtre n'était pas reconnaissable hors de son cercle familial ou professionnel, et les éléments d'identification étaient pertinents en regard de la question débattue.»

En revanche, la «chasse à l'homme» pratiquéé par un bloggeur romand est allée beaucoup trop loin. Mais l'auteur n'étant pas journaliste, il ne peut pas non plus être condamné par le Conseil de la presse. Par ailleurs il était légitime que les médias rendent compte de ce blog en tant que phénomène social. En revanche, les journalistes devraient veiller à ne pas entrer dans le jeu d'un tel blog ni à promouvoir des «chasses aux sorcières».

Pour tous renseignements complémentaires:

Dominique von Burg, président Tel. 079 609 27 08 Martin Künzi, secrétaire Tel. 033 823 12 62

info@presserat.ch